La lumière brumeuse d'une nouvelle journée me fit ouvrir les paupières, et je découvris le plus délicieux des images que je ne puisse souhaiter: Edward assis dans le vieux rocking-chair. Il m'examina d'un air moqueur.
-Bonjour, ma douce, murmura-t-il. Sais-tu quel jour nous sommes?
Je me redressai et me frottai les yeux tout en essayant de me rappeler la date d'aujourd'hui. J'abandonnai et regardai le petit cadran de mon radio-réveil. Le douze août. La veille de mon mariage. Ce fut un choc pour moi. De plus, les souvenirs du lendemain heurtèrent mon esprit. Ainsi je me rapellai les incidents de la veille: la mort de Jacob, l'absence des Quileutes...et la conversation qu'allait avoir mon père avec Edward.
-De quoi avez-vous parler, hier soir? m'enquis-je aussitôt.
-Oh, ton père voulais s'assurer que je prendrai bien soin de toi, les années à venir...répondit-il en refusant de croiser mon regard.
Il me cachait quelque chose, j'en étais persuadée. Mais ce sera pour plus tard...
J'élançai mes jambes hors du lit, et me précipitais sur les genoux d'Edward. Il voulut m'embrasser mais je posai mes doigts sur ses lèvres.
-D'abord ma minute d'humanité, lui expliquai-je en me relevant.
Je me pressais à me brosser les dents, me rafraîchir le visage et dompter ma tignasse, abandonnant la dernière action tellement elle fût impossible.
En retournant dans ma chambre, je découvris que le rocking-chair était vide mais remarqua, avant de céder à la panique, que mon Adonis était perché sur mon lit, jouant avec un objet que je ne reconnaissais pas. Il me sourit de façon à ce que je dû me retenir à l'encadrement de la porte pour ne pas chanceler.
-Te revoilà, me dit-il sans cesser de sourire.
Je l'y rejoignis sans tarder, pressée de me retrouver contre son torse en pierre. Etant plus près, je pus identifier l'objet, bien que cela ne m'avança guère. C'était un cube recouvert de papier argenté avec un ruban noir autour et de la taille d'un bouquin.
-Qu'est-ce que c'est? m'inquiétais-je.
-Juste un cadeau qu'Alice t'offres... Je ne sais pas ce que c'est car elle me cache des choses en traduisant la Bible en polonais dans sa tête, ajouta-t-il voyant la tête que je faisais.
-Elle n'aurais pas pu me le donner elle-même?
-Je ne sais pas. Elle m'a dit qu'il fallait que tu l'ouvres devant moi, sans autres témoins.
Aïe! Cela promettait...
Je pris la boîte avec mains tremblantes et défis lentement le noeud du ruban. Puis j'enlevais le papier en faisant attention à ne pas me couper, découvrant ainsi une boîte cartonnée rose pâle sur laquelle était marqué "Douce nuit, Lingerie". Je piquai un fard. Edward, qui n'arrivait pas à lire le nom de la boutique puisque le dessin était face à moi, fût étonné.
-Qu'y a-t-il? s'enquit-il, s'approchant de moi pour voir la marque.
Je reculai la boîte, la cachant sous mon bras.
-C'est ta soeur..., ronchonnai-je.
Edward me regarda tendrement.
-Il ne faut pas lui en vouloir, elle fait des cadeaux bizarres, des fois... Et si tu ouvrais ta boîte maintenant, tu me rend curieux...
Sans que ma tête en feu ne se calme, j'ouvris la boîte. À l'intérieur se trouvait un mot d'Alice.
Bella,
Ici un petit cadeau de ma part pour votre mariage.
Tu ne pourras le refuser, car il y a Edward avec toi, normalement, et il risque de trop apprécier le cadeau pour que tu ne le gardes pas.
À ce soir, ma future Belle-Soeur...
Je passais le mot à Edward qui ne supportait plus que je cache mon cadeau. Un tissu bleu marine était fourré dedans et, en m'approchant, je vis que c'était de la dentelle. Je le sortis et, bien que je crus que ce fût impossible, ma tête devait encore rougir. Je venais de pêcher ce qui devait être une nuisette bleu marine et très transparente. Et, bien sûr,il y avait un boxer assorti. Alice avait bien compris que je n'étais pas du genre à porter des sous-vêtements XXS. Je jetai un coup d'oeil à Edward qui sembla s'amuser, un rire malicieux sur ses lèvres. Il me regarda et éclata de rire.
-Maudite Alice... marmonnai-je.
Je comprenais pourquoi elle avait dit qu'Edward refuserait que je ne porte pas son cadeau. Je me rappellais le jour où Edward m'avait dit qu'il avait un faible pour la manière dont la couleur d'un de mes chemisiers s'accordait à ma peau. Le chemisier était bien entendu bleu marine...
Edward sembla beaucoup s'amuser... Un peu trop, même...
-Tu aurais vu ta tête, ricana-t-il.
Moi, je m'amusais un peu moins...
-Allons, tu connais Alice, Bella... Et moi j'aime beaucoup, me consola-t-il en voyant mon expression.
Il m'attira contre lui et embrassa le sommet de mon crâne.
-Il me tarde de voir comment cette tenue te va, me murmura-t-il à l'oreille.